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Eau du robinet ou en bouteille ?
L'eau du robinet est contrôlée en permanence et, sauf consigne particulière, elle peut être bue sans risque selon le ministère chargé de la santé. La bouteille reste un choix personnel. Voici les éléments pour comparer : contrôles, coût sur un an, goût, cas particuliers et emballages.
L'essentiel
- Selon le ministère chargé de la santé, l'eau du robinet peut être consommée sans risque, sauf consigne particulière du distributeur, du maire ou de l'ARS (ou du médecin pour les nourrissons).
- Boire 1,5 litre d'eau du robinet par jour coûte environ 2,89 € par an au prix médian des communes. En bouteille, tout dépend du prix au litre : à 0,20 € le litre (exemple), c'est déjà environ 110 € par an.
- Un goût de chlore se corrige simplement : une carafe ouverte au réfrigérateur pendant quelques heures.
- Deux cas demandent des précautions : les canalisations en plomb des logements anciens, et la préparation des biberons.
Comment l'eau du robinet est contrôlée
L'eau du robinet fait l'objet d'un double suivi : la surveillance permanente du responsable de la distribution, et le contrôle sanitaire de l'Agence régionale de santé. Ce contrôle est indépendant de l'exploitant. Les prélèvements sont faits au captage, à la sortie des stations de traitement et sur le réseau jusqu'au robinet. Rien que dans le Grand Est, l'ARS réalise plus de 36 000 prélèvements par an.
Les résultats sont comparés à deux types de valeurs :
- les limites de qualité concernent des paramètres qui peuvent avoir des effets sur la santé (microbiologie, nitrates, pesticides…). Ce sont elles qui définissent la conformité ;
- les références de qualité sont des indicateurs de fonctionnement ou de confort (couleur, température, fer…), sans incidence directe sur la santé aux teneurs habituelles.
En cas de dépassement, l'exploitant doit corriger la situation au plus vite. Si le préfet estime qu'il y a un risque pour la santé, la consommation peut être restreinte et la population est informée. Les résultats d'analyse sont publics : ils sont affichés en mairie, publiés par le ministère et résumés une fois par an avec la facture.
Pour votre commune, la fiche Eau en clair reprend ces résultats, avec un lien vers le bulletin officiel. En cas de doute, seul le bulletin de l'ARS fait foi.
Ce que contiennent les bouteilles
La réglementation distingue trois catégories d'eaux conditionnées (ARS Nouvelle-Aquitaine) :
- l'eau minérale naturelle, d'origine souterraine, dont la composition en minéraux est stable ;
- l'eau de source, d'origine souterraine, microbiologiquement saine. Une fois en bouteille, elle respecte les mêmes exigences physico-chimiques que l'eau du robinet ;
- l'eau rendue potable par traitements, qui peut provenir d'eaux souterraines ou superficielles.
Lisez l'étiquette : la composition varie beaucoup d'une eau à l'autre, notamment la teneur en minéraux.
Le coût sur un an
Prenons 1,5 litre par jour, soit environ 547 litres par an pour une personne.
- Au robinet : 547 litres représentent 0,55 m³. Au prix médian des communes, eau et assainissement compris (5,28 €/m³), cela fait environ 2,89 € par an. Le prix de votre commune figure sur sa fiche.
- En bouteille : cela dépend du prix au litre, indiqué sur l'étiquette en magasin. Le tableau ci-dessous calcule la dépense annuelle pour quelques prix au litre, donnés à titre d'exemple (ce ne sont pas des prix relevés).
| Prix au litre (exemple) | Dépense annuelle pour 1,5 L/jour |
|---|---|
| 0,20 € | ≈ 110 € |
| 0,40 € | ≈ 220 € |
| 0,80 € | ≈ 440 € |
Pour un foyer de quatre personnes, multipliez par quatre. À cela s'ajoutent le transport des packs et la gestion des emballages.
Améliorer le goût de l'eau du robinet
Le ministère chargé de la santé donne trois conseils simples :
- Laissez couler l'eau avant de la boire quand elle a stagné dans les tuyaux : quelques secondes, et jusqu'à une ou deux minutes après plusieurs jours d'absence.
- Utilisez l'eau froide pour boire et cuisiner : une température élevée peut favoriser le passage des métaux des canalisations dans l'eau et dégrader sa qualité bactériologique.
- Contre le goût de chlore, laissez l'eau quelques heures dans une carafe ouverte au réfrigérateur.
L'ARS Auvergne-Rhône-Alpes conseille, si vous conservez de l'eau, de la garder au frais, pas plus de 24 heures. Si la saveur ou la couleur change de façon inhabituelle, signalez-le à votre distributeur d'eau (coordonnées sur la facture).
Le calcaire, lui, peut se sentir au goût, mais il n'a pas d'effet direct sur la santé (voir Eau calcaire : que faire ?).
Les cas qui demandent des précautions
Les canalisations en plomb. Le plomb provient rarement de la ressource : il vient surtout de vieilles canalisations, en particulier dans les immeubles construits avant 1948 (Assurance maladie). Le branchement public en plomb est devenu très rare, mais il peut rester des tuyaux en plomb après le compteur, dans les logements anciens. Leur remplacement relève alors du propriétaire ou de la copropriété (ARS Grand Est). Les ARS conseillent :
- de laisser couler l'eau avant de la boire, surtout après une absence ;
- de demander au distributeur la nature du branchement ;
- de remplacer les canalisations intérieures en plomb.
L'ARS Auvergne-Rhône-Alpes recommande aux enfants et aux femmes enceintes de ne pas boire l'eau du robinet en présence de canalisations intérieures en plomb, et d'en parler à leur médecin.
Les biberons. L'Assurance maladie indique que l'on peut préparer un biberon avec l'eau du robinet, avec quelques précautions :
- utilisez uniquement de l'eau froide ;
- n'utilisez pas d'eau filtrée (carafe filtrante par exemple) ni d'eau adoucie ;
- si le robinet n'a pas servi depuis plusieurs heures, laissez couler une à deux minutes (sinon, trois secondes suffisent) ;
- ne mettez pas le goulot du biberon en contact avec le robinet.
En cas de question, parlez-en à votre médecin ou à la PMI.
Les consignes temporaires. En cas de restriction décidée par les autorités (par exemple pour les nourrissons ou les femmes enceintes), suivez les consignes diffusées par la mairie, le distributeur et l'ARS. L'eau en bouteille prend alors le relais pour les usages concernés.
Les emballages
Boire l'eau du robinet évite des emballages. Si vous achetez de l'eau en bouteille, l'ADEME rappelle que les bouteilles en plastique vont dans le bac de tri des emballages, avec leur bouchon. Ne les écrasez pas dans le sens de la hauteur, sinon elles risquent de ne pas être recyclées.
En résumé
Si votre eau est conforme et qu'aucune consigne ne s'applique, l'eau du robinet est une option sûre selon les autorités sanitaires, et nettement moins chère. La bouteille reste un choix de goût ou d'habitude, ou une solution d'appoint en cas de restriction. Vérifiez la situation de votre commune avec le champ de recherche de cette page.
Sources
- Ministère chargé de la santé, Eau du robinet (contrôles, où trouver les résultats, recommandations de consommation).
- ARS Grand Est, Eau du robinet (contrôle sanitaire, limites et références de qualité, gestion des non-conformités, plomb).
- ARS Auvergne-Rhône-Alpes, Synthèse annuelle de la qualité de l'eau distribuée : « Pour en savoir plus » (conservation de l'eau, plomb, nitrates).
- Ministère chargé de la santé, Eau et plomb.
- ARS Nouvelle-Aquitaine, Contrôle des eaux conditionnées (les trois catégories d'eaux en bouteille).
- Assurance maladie (ameli.fr), Bien préparer un biberon (eau du robinet et biberons, plomb dans les immeubles anciens).
- ADEME, Que faire de mes déchets : bouteille d'eau en plastique (consigne de tri).
- Prix médian par commune : calcul d'Eau en clair sur les prix déclarés à SISPEA (méthodologie).
Guide indépendant, sans lien commercial : aucun produit ni installateur n'est recommandé. Chaque information renvoie à une source publique citée ci-dessus. Pour la qualité de l'eau d'une commune, seul le bulletin de l'Agence régionale de santé fait foi. Publié le .